ARRIÈRE-PLAN
Le contexte de réintégration au Cameroun est marqué par des crises de déplacement qui se chevauchent et par la fragilité des communautés. Dans l’Extrême-Nord, des années de violences perpétrées par Boko Haram/ISWAP ont engendré des déplacements internes massifs et exercé une forte pression sur les communautés d’accueil, tandis que dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le conflit en cours continue de déraciner des familles et d’éroder la cohésion sociale. Dans l’Est et l’Adamaoua, l’afflux de réfugiés se conjugue à la mobilité interne, accentuant la pression sur des services locaux déjà saturés.
Dans ce contexte, le programme RRR, financé par l’UE, soutient le retour volontaire des Camerounais de l’étranger. Nombre d’entre eux se réintègrent dans les mêmes zones où les personnes déplacées, les anciens associés, les réfugiés et les populations touchées par la crise recherchent de l’aide. Sans une planification rigoureuse, l’aide à la réintégration risque d’aggraver les vulnérabilités, de créer un sentiment d’injustice ou d’attiser les tensions entre les groupes de population. Les programmes de réintégration doivent donc tenir compte des risques contextuels, notamment l’insécurité, l’accès limité aux services, la fragilité des marchés et la nécessité éventuelle de relocaliser les personnes vulnérables.
La manière dont les crises camerounaises sont perçues ou instrumentalisées dans les procédures d’asile à l’étranger suscite une inquiétude croissante. Il est essentiel de comprendre comment les migrants décrivent les conflits et les conditions humanitaires lors de leurs demandes d’asile afin de garantir une communication responsable, d’éviter toute instrumentalisation des récits de crise et d’assurer aux migrants une information exacte sur les réalités de la réintégration.
Le programme RRR exige donc une approche spécifique pour une réintégration tenant compte des conflits, de la protection des personnes et des réalités humanitaires. Cela comprend des directives claires pour la mise en œuvre de l’aide à la réintégration dans les zones touchées par les crises, des mécanismes pour impliquer les différents groupes affectés (personnes de retour, personnes déplacées, anciens collaborateurs, communautés d’accueil), des outils de prévention des préjudices et des recommandations pour renforcer la cohésion sociale.
OBJECTIF DU TRAVAIL
L’assistant(e) à la réintégration (réintégration en contexte de conflit et à l’intersection humanitaire) aura pour mission de :
- Analysez comment la réintégration dans le cadre du RRR interagit avec les contextes de crise, les dossiers humanitaires (personnes déplacées internes, réfugiés), les anciens collaborateurs et les communautés d’accueil.
- Évaluer les risques et les opportunités de réintégration dans les zones touchées par la crise (Extrême Nord, NO/SO, Est).
- Élaborer des lignes directrices de réintégration tenant compte des conflits et des enjeux humanitaires, notamment des cadres de non-nuisance, de cohésion sociale et de soutien équitable.
- Identifier les voies d’intervention ciblant les différents groupes touchés.
- Étudier la faisabilité d’une relocalisation volontaire pour les personnes revenant de zones à haut risque.
- Analysez comment les demandeurs d’asile camerounais à l’étranger utilisent les récits de crise et formulez des recommandations en matière de communication pour la stratégie de sensibilisation au RRR.
Produire un rapport analytique consolidé et des outils pratiques pour guider la mise en œuvre de la réintégration sensible aux conflits dans le cadre du RRR.