Contexte et portée du projet
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun, située au cœur du bassin du Lac Tchad, demeure l’un des espaces les plus affectés d’Afrique centrale par une combinaison de défis sécuritaires, humanitaires et socioéconomiques. Depuis plus d’une décennie, elle est confrontée aux effets conjugués des conflits armés, de l’extrémisme violent et de la criminalité transnationale organisée. Les attaques récurrentes de Boko Haram et de ses factions dissidentes, notamment l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), ont profondément fragilisé les structures sociales et économiques locales, entraînant des déplacements massifs de populations, la dégradation du tissu communautaire et l’affaiblissement des institutions publiques, y compris les services éducatifs.
Pour répondre à cette crise multidimensionnelle, le Gouvernement du Cameroun a adopté une stratégie globale de sortie de crise fondée sur la paix, la sécurité et la réintégration. C’est dans ce cadre qu’a été créé, par le décret présidentiel n°2018/719 du 30 novembre 2018, le Comité National de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (CNDDR). Le CNDDR est chargé d’accueillir, de désarmer, de démobiliser et d’accompagner les ex-associés des groupes armés non étatiques dans leur transition vers la vie civile. À ce jour, plus de 4 000 ex-associés ont bénéficié de son appui, notamment dans le Centre DDR de Méri, qui constitue un pôle stratégique du dispositif national. En 2024, plus de 600 ex-combattants ont été accompagnés vers leur réintégration communautaire depuis ce centre.
Dans le prolongement de ces efforts, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat étroit avec le Gouvernement du Cameroun et grâce au financement du Gouvernement du Canada à travers le Programme pour la consolidation de la paix et la lutte contre le terrorisme (CTCBP), a mis en œuvre le projet « Renforcement de la sécurité et de la réintégration des ex-associés dans l’Extrême-Nord du Cameroun ». L’objectif principal de ce projet est de renforcer durablement les mécanismes institutionnels et communautaires de réintégration dans les zones les plus touchées par le conflit, tout en consolidant la sécurité, la cohésion sociale et la résilience locale.
L’action de l’OIM dans ce cadre s’inscrit pleinement dans sa Vision stratégique 2024-2028, articulée autour de trois piliers :
- Sauver des vies et protéger les migrants en garantissant la sécurité et la dignité des populations affectées ;
- Trouver des solutions durables aux déplacements en favorisant la réintégration et l’autonomie socioéconomique ;
- Faciliter des voies de migration régulières et inclusives, en cohérence avec les Objectifs de développement durable (ODD) et le Pacte mondial sur les migrations.
L’une des composantes essentielles du projet concerne la mise en œuvre d’un programme d’alphabétisation fonctionnelle destiné aux ex-associés du Centre DDR de Méri ainsi qu’aux membres vulnérables des communautés hôtes. La majorité de ces bénéficiaires présentent un très faible niveau d’instruction, souvent combiné à une incapacité à lire, écrire ou calculer en français, ce qui limite fortement leurs perspectives d’autonomie et d’insertion socioéconomique.
Dans ce contexte, l’alphabétisation fonctionnelle va bien au-delà du simple apprentissage des compétences linguistiques de base. Elle constitue un levier de réintégration , permettant :
- d’acquérir les compétences nécessaires pour interagir efficacement dans un environnement francophone ;
- d’accéder aux services administratifs, sociaux et économiques ;
- de comprendre ses droits et responsabilités civiques ;
- de développement des activités génératrices de revenus ;
- de renforcer l’estime de soi, l’autonomie et la participation citoyenne.
Enfin, en offrant aux ex-combattants et aux membres des communautés d’hôtes un espace d’apprentissage commun, le programme contribue également à la reconstruction du lien social , à la réduction de la méfiance et à la promotion d’une coexistence pacifique durable.
Ainsi, la mise en place des centres d’alphabétisation fonctionnelle s’inscrit dans une approche holistique visant à renforcer les capacités cognitives, linguistiques et psychosociales des bénéficiaires, tout en consolidant les efforts de stabilisation, de cohésion sociale et de paix dans l’Extrême-Nord du Cameroun.
2. Objectif du programme
Faciliter une réintégration socio-économique durable et pacifique des ex-combattants en leur fournissant les compétences linguistiques et fonctionnelles de base en français, nécessaires pour retrouver une place active et autonome dans la société civile.
- Acquisition des compétences de base en français :
- Cours : déchiffrer et comprendre des textes courts et fonctionnels (affiches, consignes, formulaires).
- Écriture : produire des phrases simples, écrire son nom, remplir un chèque ou un formulaire.
- Calcul : maîtriser les opérations arithmétiques de base nécessaires à la vie quotidienne (addition, soustraction, mesure, monnaie).
b. Développement du personnel :
- Renforcer la confiance en soi et l’estime de soi.
- Rompre avec la honte ou la frustration liée à l’illettrisme.
Valoriser la réussite individuelle et collective par la reconnaissance de l’apprentissage comme facteur de dignité et de réinsertion
Ce recrutement s’intègre dans le projet : « Renforcement de la sécurité et de la réintégration des ex-associés dans l’Extrême-Nord du Cameroun » financé par Affaire global Canada, sous le code FC0306. I l est placé s ous la supervision technique du gestionnaire de programme (DDRR) IOM Cameroun et sur le plan opérationnel du Chef de Sous Bureau OIM de Maroua et du Project Manager, DDRR, ainsi que du point focal CNDDR et du MINEDUB.