UNICEF recrute un expert technique pour la numérisation des audits des décès maternels et leur intégration au système d’information sanitaire, Algérie

 

 

Job no : 537520

Contract type : Consultancy

Level : Consultancy

Location : Algeria

Categories : Early Childhood Development, Consultancy

 

 

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Recrutement d’un consultant National Expertise technique pour la numérisation des audits des décès maternels et leur intégration au Système d’Information Sanitaire.

 

Contexte :

La mortalité maternelle est un indicateur clé de santé et de développement. Elle permet de renseigner sur l’accès des populations notamment des femmes en âge de procréer aux soins appropriés et de qualité lequel accès est déterminé par la disponibilité du soin lui-même et dépend fortement du niveau de développement social et culturel tant des bénéficiaires que des prestataires.

Au niveau international, la mortalité maternelle renseigne surtout sur les écarts en matière de développement, dans toutes ses dimensions. Au niveau local, elle permet de déceler les inégalités sociales de mortalité maternelle et mettre en exergue les disparités territoriales, si elles existent.

Une large partie des décès maternels est jugée évitable. Dans une très grande majorité des cas, ces décès surviennent, en effet, suite à des complications associées à la grossesse et à l’accouchement et au manque d’attention qui leur est accordés. En outre, l’amélioration de la qualité des soins en particulier pendant la grossesse, à l’accouchement et ceux dispensés dans les jours qui suivent l’accouchement réduiraient non seulement cette mortalité évitable mais aussi la morbidité maternelle aux conséquences souvent dramatiques et bénéficierait sans aucun doute au nouveau-né en améliorant sa survie notamment en période périnatale (mortinatalité et mortalité néonatale précoce).

En Algérie, les programmes de lutte contre la mortalité maternelle et infantile, constituent une priorité de santé publique (La loi 11-18 du 2 juillet 2018 relative à la santé, article 69). A cet effet, le secteur de la santé s’est toujours attelé à mettre en œuvre des programmes, à développer des actions et à mobiliser les moyens nécessaires pour promouvoir la santé maternelle et infantile. Au cours de ces deux dernières décennies, le secteur de la santé s’est engagé à mettre en place un processus de réduction de la mortalité maternelle à travers notamment le programme national de périnatalité, adopté en 2005 ; la mise en œuvre d’un vaste plan de réalisation d’infrastructures dédiées à la santé de la mère et de l’enfant à travers les différentes wilayas du pays ; l’instauration, en 2013, de la déclaration obligatoire des décès maternels et sa consolidation par la mise en place, en 2014, de l’audit des décès maternels dont l’objectif est d’identifier les facteurs pouvant éviter un décès maternel et ce tant pour ce qui relève de la qualité et de l’organisation des soins que des compétences des prestataires,… Plus récemment ; il s’est doté d’un plan national de réduction accélérée de la mortalité maternelle pour la période 2015-2019 qui traduit également l’engagement de l’Algérie aux initiatives régionales, notamment la Campagne pour l’Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle en Afrique (CARMMA).

Enfin, et à l’effet de se donner toutes les chances de réussite des actions entreprises et ou à entreprendre pour l’amélioration de la santé maternelle et infantile, la loi n°18-11 du 2 juillet 2018 relative à la santé, oblige dans son article 73, tous les professionnels de la santé à déclarer la femme enceinte et l’inscrire dès le troisième trimestre de grossesse, selon son choix, auprès d’une maternité publique ou privée. Aussi, le suivi périodique de la grossesse est rendu obligatoire. L’application de cet article devrait avoir un impact positif et hautement significatif sur l’amélioration de la santé maternelle et infantile.

Par rapport aux données, jusqu’à une date récente, très peu d’informations sont collectées sur les décès maternels. Hormis l’enquête exhaustive sur la mortalité maternelle réalisée, en 1999, par l’Institut National de Santé Publique, les données retrouvées sont celles estimées par des méthodes indirectes (PAPCHILD 1992) et ou hospitalières, globales et non exhaustives, issues des statistiques sanitaires.

Les données permettant d’en déterminer la cause et de prendre les mesures correctrices sont quasiment inexistantes. Ce n’est qu’à partir de 2013, avec l’instauration de la déclaration obligatoire des décès maternels et la mise en place d’un système d’audit permettant d’obtenir des informations précises sur chaque décès maternel déclaré, que des données détaillées et de plus en plus exhaustives sont rendues disponibles. En 2015, l’enquête de consolidation du taux de mortalité maternel a révélé, en effet, un taux de couverture dépassant les 70 %, ce qui a permis de corriger le Taux de mortalité maternelle de 2016 qui était estimé sur la base des données brutes, à 57.7 pour 100,000 naissances vivantes.

Ainsi, grâce aux équipes d’audit des décès maternels activant au niveau des 48 wilayas du pays et qui déploient beaucoup d’énergie souvent en l’absence de moyens logistiques, que les décès maternels sont de plus en plus visibles et ne surviennent plus dans l’indifférence.

Pour rappel, les équipes d’audit des décès maternels sont mises en place par décision ministérielle n°96 du 17 mars 2014 et sont placées sous l’autorité du Directeur de la Santé et de la Population de la wilaya. Chaque wilaya doit disposer de deux équipes d’audit, composées, chacune, d’un médecin généraliste et d’une sage-femme. Elles ont pour mission de mener une enquête approfondie sur chaque décès maternel déclaré, à travers le renseignement d’un questionnaire individuel d’audit, en assurant la fiabilité et la complétude des informations recueillies et de veiller à leur confidentialité.

En 2019, 2677 décès maternels ont été notifiés depuis 2013 dont 1874 décès ont fait l’objet d’une enquête d’audit soit 70.0%.


Aussi, le concours assidu et permanent du comité d’experts, créé à la faveur de la décision ministérielle n°97 du 17 mars 2014, dans l’analyse des circonstances de chaque décès a permis d’identifier et de repérer les premières causes évitables et ou pouvant être évitables de la mortalité maternelle en Algérie, citons particulièrement l’hémorragie de délivrance et l’éclampsie. Ces deux complications ont fait l’objet de conduites à tenir, élaborées par le comité, contenues dans l’instruction ministérielle n°01 du 03 janvier 2019,
Depuis son installation officielle, en 2015, à ce jour, le Comité d’Experts Chargé de l’Audit des Décès Maternels (CECADAM), a tenu près de 40 réunions et expertisé plus de 450 cas de décès.

Au regard de ce qui précède, il faut relever que les systèmes de déclaration obligatoire et d’audit des décès maternels sont largement intégrés dans notre système de santé. La proportion des décès audités en 2018 (95%), nous réconforte déjà et l’enquête de consolidation du taux de mortalité maternel, prévue courant 4ème trimestre de cette année 2019, confirmerait et ou infirmerait ce constat.

En 2019, deux rencontres nationales ont été organisées par le MSPRH avec l’appui conjoint des 3 agences du groupe H6+ su Système des Nations Unies (UNICEF, UNFPA, OMS)
Ces rencontres ont été l’occasion pour mettre en évidence le rôle des équipes d’audit des décès maternels, de leur offrir un espace pour partager leurs expériences et de recenser leur contraintes tant au plan technique, humain que matériel, ainsi que de les sensibiliser davantage et à travers elles l’ensemble des intervenants sur l’importance de ces dispositifs et de souligner toute la nécessité de disposer de données précises, sûres et fiables pour des mesures efficaces et pertinentes contribuant réellement à la réduction de la mortalité maternelle dans notre pays.

Les insuffisances relevées par le Comité d’experts ont été révélées aux équipes d’audit et examinées de près en vue de leur amélioration, en se basant sur le principe « améliorer les données pour sauver des vie ».

Ces deux rencontres nationales ont ainsi permis de :

  • Perfectionner et mettre à niveau les équipes d’audit des décès maternels ;
  • Améliorer l’opération de collecte « audit » et la qualité des données recueillies ;
  • Engager la réflexion sur la recherche active des décès maternels ;
  • Identifier les problèmes entravant le travail des équipes d’audit sur terrain.

Lors du Sommet de Nairobi sur la CIPD +25, l’Algérie s’est engagée, en matière d’accès universel à la santé sexuelle et reproductive, à réduire, d’ici 2030, les décès maternels (DM) et néonatals (DN) évitables, en ramenant les taux respectivement à moins de 20 DM/100000 naissances vivantes (57.7, en 2016) et à moins de 10 DN pour 1000 naissances vivantes (17.1 en 2019).

En 2020, une 2ème enquête de consolidation est conduite pour réévaluer la couverture du système de déclaration obligatoire des décès maternels. Cette enquête est fondée sur une approche rétrospective portant sur le recensement de tous les décès des femmes en âge de procréer (15-49 ans) enregistrés au niveau des services de l’Etat civil des communes de vingt (20) wilayas échantillon survenus entre le 1er mai et le 31 juillet 2019.Le taux de la mortalité maternelle a été estimé à 48.5 Pour 100,000 naissances vivantes.

 

Le Système d’Information Sanitaire :

Actuellement, Le Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière dispose d’un Système d’Information Sanitaire Décisionnel (SIS.DZ). Ce dernier a été mis en place dans le cadre du projet de coopération avec l’Union Européenne, pour l’appui au secteur de la santé (Programme PASS). Le SIS.DZ permet aux décideurs et gestionnaires des différents niveaux du système de santé de disposer de l’information nécessaire pour suivre la performance des services et assurer un pilotage plus efficace et plus efficient du secteur par un monitorage continu de la situation épidémiologique et démographique. Dans ce cadre, une application dédiée à la collecte d’informations sur la mortalité maternelle était prévue. Il s’agit d’une interface appelée « le portail applicatif » réservé la déclaration des évènements nominatifs tels que les décès maternels et les maladies à déclaration obligatoire (MDO). En effet, la Direction de la Population, moyennant des sessions de formation locales, utilise depuis 2015, cette interface pour la déclaration obligatoire des décès maternels à partir des 48 wilayas. Néanmoins, cet outil présente quelques limites notamment en termes de groupement et filtres de recherche qui ne tiennent pas compte, au niveau administrateur (niveau central) de l’année et de la wilaya du décès et qui ne reprend pas toutes les variables du formulaire de déclaration. En effet, l’interface, telle qu’elle est conçue actuellement, affiche un état global et cumulatif de tous les décès maternels saisis de 2013 à 2019 et non pas une liste annuelle des décès maternelle, c’est à dires pour chaque année séparément. Cela nécessite l’amélioration de cette dernière pour pallier aux insuffisances à fin de disposer d’un tableau de bord complet sur la mortalité maternelle par année de décès, par wilaya de résidence et de décès, par groupe d’âge, cause de décès, moment du décès et lieu du décès.

 

Objectif général :

L’objectif de ce projet est d’appuyer le MSPRH/DPOP dans la modernisation du Système d’Information Sanitaire.

Objectifs spécifiques :

  • Doter la Direction de la Population d’un outil performant pour la collecte et la présentation des données relatives aux décès maternels (déclarations et audits) ;
  • Intégrer des indicateurs des décès maternels dans des tableaux de bord d’aide à la prise de décision ;
  • Former les professionnels (utilisateurs et administrateurs) impliqués dans le dispositif de déclaration des décès maternels.

 

Activités :

Afin d’atteindre ces objectifs, l’expertise mobilisée par l’UNICEF mettra en œuvre les activités suivantes :

  • Dresser un état des lieux des outils existants (3 jours) ;
  • Analyse fonctionnelle détaillée de la nouvelle plateforme à développer (5 jours) ;
  • Codage et test des fonctionnalités et modules développés (20 jours) ;
  • Rédaction des guides (administrateurs et utilisateurs) et implémentation du système d’aide en ligne (4 jours) ;
  • Formation des administrateurs (3 jours) ;
  • Formation des utilisateurs (4 jours) ;
  • Rédaction du rapport final (3 jours) ;
  • Mise en service de l’application (1 jour).

Livrables :

No Livrables Date 1 Rapport détaillé de l’état des lieux des outils existants 2 Rapport d’analyse fonctionnelle détaillé et d’architecture 3 Cahier technique de la base de données (inclut le dictionnaire des indicateurs) 4 Guides administrateurs et utilisateurs 5 Rapport des formations des administrateurs et utilisateurs incluant les outils de formation utilisés 6 Rapport final
L’ensemble des livrables seront transmis sous format électronique au MSPRH/UNICEF pour revue, puis validation. Tous les documents préparés par l’expert, y compris le rapport final, devront être approuvés par le MSPRH/UNICEF. Tous les rapports doivent être remis en français.

 

Responsabilités :

Au plan administratif, le contrat sera géré par l’UNICEF Algérie. Les activités seront suivies par le Chargé de Programme Développement de la Petite Enfance & Santé en étroite collaboration avec la chargée de Programme M&E.

Le Chargé de Programme assurera le suivi technique du projet en évaluant les activités et les résultats fournis par l’expert. Il appuiera la mission en facilitant, en soutien au MSPRH, les aspects organisationnels et administratifs. La mission d’expertise sera facilitée par un Comité de suivi formé de représentants du MSPRH particulièrement des deux Directions (DPop et DSII), du Chargé de Programme DPE & Santé, de la Chargée de Programme M&E et du ICT Associate de l’UNICEF Algérie.

Durée de la mission et conditions de travail :

  • L’expertise se déroulera pendant 43 jours, sur une période de six mois s’étalant entre le 01.02.2021et le 30.06.2021. La mission se déroulera exclusivement sur Alger ;
  • L’expert utilisera son matériel informatique (laptop) et bureautique ;
  • L’expert devra souscrire à une police d’assurance couvrant l’ensemble des risques auxquels il pourrait être exposé au cours de la mise en œuvre de la prestation et s’engagera à respecter la confidentialité de toute information reçue au cours de sa mission ;
  • Honoraires :  Les honoraires du consultant seront négociés et convenus sur base des Termes de Référence validés par le MSPRH. Les paiements seront échelonnés et effectués après réception et acceptation des livrables par l’UNICEF et consultation du partenaire gouvernemental. Les honoraires comprennent l’ensemble des dépenses requises pour la mise en œuvre des livrables.

Conditions de paiement :

L’UNICEF procédera aux paiements selon l’échéancier suivant :

  • Paiement de 30% du forfait après validation du rapport d’analyse fonctionnelle détaillé et d’architecture (livrable 1 & 2) ;
  • Paiement de 40% du forfait suite à la validation des Guides administrateurs et utilisateurs (livrable 3 & 4) ;
  • Paiement de 30% du forfait après la validation du rapport final (livrable 5 & 6).

L’UNICEF se décharge de la responsabilité du paiement de toute activité ou tâche non incluse dans le présent contrat, qui ne serait pas préalablement acceptée et formellement inclue en amendement au contrat.

 

Compétences et qualification de l’expert :

L’expertise déployée devra disposer d’un diplôme d’études supérieures en technologie d’information / informatique médicale (ou équivalent) avec plus de 10 ans d’expérience dans le domaine du développement, de la mise en place et de la maintenance des systèmes d’information. Il Elle devra de plus disposer des capacités et qualités suivantes :

  • Expérience professionnelle en matière de conception et architecture des applications web 2.0 implémentant le pattern MVC ;
  • Expérience dans le développement des banques de données dans le cadre des systèmes d’information sanitaires, particulièrement sur la base de la plateforme DHIS-2 ;
  • Connaissance du langage « PHP7 » indispensable pour la mission avec le système de gestion de base de données MySQL ;
  • Expérience professionnelle en matière de gestion de l’information (sanitaire), incluant la collecte de données (des différentes sources), leur consolidation, et leur diffusion ;
  • Maîtrise des technologies de développement des web-services REST, ainsi que l’interopérabilité des systèmes logiciels ;
  • Capacité de synthèse et expérience dans la conduite d’ateliers de formation, de réunions et de séminaires sur le sujet ;
  • Maîtrise des logiciels courants de traitement de texte, tableurs et outils de présentation ;
  • Maîtrise de la langue française ; bonne communication verbale et écrite ;
  • Flexible, apte à travailler en équipe

Documents à fournir lors de la soumission :

Le soumissionnaire devra fournir les documents suivants :

a) Une offre technique explicitant la lecture que le consultant a des termes de références proposés, incluant les ajouts ou prolongements qu’il ou elle suggère d’apporter, la méthodologie qu’il/elle compte suivre pour réaliser cette consultation ainsi que le plan de travail proposé explicitant la chronologie des tâches et activités ainsi que l’estimation du nombre de jours/semaines prestées à distance ou en Algérie

b) Une offre financière détaillée en format Excel

c) :

  • CV détaillé et actualisé ;
  • Une lettre de motivation mettant en exergue les points forts du consultant en rapport avec la consultation ;
  • Des références de ses travaux antérieurs en lien avec les présents Termes de Référence ; deux rapports antérieurs similaires à cette consultation seront transmis ;
  • Des attestations de clients sur des travaux pertinents ;
  • Il est à noter que les offres financières ne seront examinées que si les offres techniques sont jugées recevables et de qualité acceptable ;
  • Sur finalisation du contrat, les documents suivants seront fournis pour toutes les personnes contribuant à la mission :
    – Copies des diplômes universitaires et certificats de formation
    – Formulaire P11 disponible sur le site de l’UNICEF : http://www.unicef.org/about/employ/files/P11.doc

L’UNICEF a une politique de tolérance zéro sur les comportements incompatibles avec les buts et objectifs des Nations Unies et de l’UNICEF, notamment l’exploitation et les abus sexuels, le harcèlement sexuel, l’abus d’autorité et la discrimination. L’UNICEF adhère également à des principes stricts de protection des enfants. Tous les candidats sélectionnés subiront donc des vérifications rigoureuses des références et des antécédents et devront adhérer à ces normes et principes.

 

Deadline : 18 Feb 2021 W. Central Africa Standard Time.

 

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