Appel à candidature pour le recrutement d’un.e Conseiller.ère de Projet en Développement Rural à Laos.

 

 

 

 

 

Présentation du CCL :

Le CCL (Comité de Coopération avec le Laos) est une ONG française créée en 1980 dans le but de soutenir la reconstruction du pays après des années de guerre. Le CCL intervient exclusivement au Laos et possède 40 ans d’expérience dans la mise en place de projets de développement rural, en particulier auprès des minorités ethniques. Actuellement, le CCL met en place des projets dans les provinces de Phongsaly, Oudomxay, Khammouanne, et Bolikhamxay. Les principaux partenaires financiers du CCL en 2023 sont l’Agence Française de Développement, Brot für die Welt, l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, la Ville de Paris. Plus d’informations sur le CCL : https://ccl-laos.org/

Présentation du SCD :

Le SCD (Service de Coopération au Développement) est une ONG française spécialisée dans l’envoi et l’accueil de volontaires pour des missions de moyen et long-terme (6 à 24 mois) dans le cadre de projets de développement. Les volontaires du SCD fournissent un appui aux structures partenaires en Asie, Afrique, Amérique du Sud et au Moyen-Orient. L’objectif du SCD est d’établir des relations de solidarité entre des acteurs à l’échelle mondiale afin de faciliter la compréhension mutuelle et le développement d’un monde plus humain. Depuis 2015, le SCD a également accueilli des volontaires africains, asiatiques et sud-américains à Lyon. Le SCD est certifié par le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, garantissant ainsi aux volontaires le statut VSI et le cadre légal correspondant (assurance santé, formation au départ, suivi en cours et au retour de la mission).

Cadre de la mission :

La mission s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet de développement rural, dans la province de Phongsaly (districts de Bounneua et Phongsaly) au nord du Laos, intitulé Générer une Résilience Economique et Environnementale iNclusive. Financé par l’Agence Française de Développement (AFD), le projet débutera en juin 2023 pour une durée de 3 ans.

Le projet sera mis en place en partenariat avec les autorités locales (bureaux de la province et des districts en charge de l’agriculture et de la forêt, département des ressources naturelles et de l’environnement, département de la santé, union des femmes lao, union de la jeunesse lao), et en lien étroit avec l’association de la société civile lao COSKA. Le projet soutiendra 40 communautés villageoises, principalement issues des minorités Akha et Phounoï, via des approches participatives, au travers de 3 composantes interdépendantes :

  • Objectif spécifique 1 : 40 communautés rurales issues de minorités ethniques, les femmes et les jeunes de la province de Phongsaly sont plus résilients économiquement et mieux intégrés dans une économie locale redynamisée
  • Objectif spécifique 2 : Les ressources naturelles de la province de Phongsaly sont préservées et gérées en faveur d’un développement économique relocalisé, durable et inclusif
  • Objectif spécifique 3 : La société civile à Phongsaly est renforcée, reconnue au niveau local, et engagée en faveur d’un développement territorial durable et inclusif

Contexte de la mission :

Depuis plus de 10 ans et son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce (en 2013), la République Démocratique Populaire du Laos est en profonde mutation sur le plan économique et social. Au niveau national, la volonté politique de soutenir une croissance économique rapide se traduit par des investissements de grande envergure (voie ferrée reliant Vientiane à la Chine inaugurée fin 2021 en lien avec le grand projet chinois des « nouvelles routes de la soie » ; multiplication de projets de barrages hydro-électriques et miniers, etc.); et l’objectif d’accroître les exportations notamment d’électricité, de minerais ainsi que de produits agricoles (bovins, fruits dont agrumes et bananes, manioc, etc.). Sur le plan social, ce dynamisme économique se traduit par un développement important de la capitale Vientiane, l’émergence d’une classe moyenne et aisée, mais aussi d’un creusement des inégalités (le coefficient de Gini était de 41.1 en 2018, contre 36 en 2012, source Banque Mondiale). L’objectif national et fixé par l’assemblée générale des Nations Unies en 2021 est une sortie de la liste des pays les moins développés au plus tard en 2026. Depuis la crise sanitaire liée au Covid-19, la situation économique du pays s’est fortement dégradée avec une baisse de la croissance, en particulier en 2020, et une inflation importante (30% entre octobre 2021 et septembre 2022). Pour y faire face, les politiques nationales restent rivées sur un soutien accru aux productions d’exportation.

La province de Phongsaly se caractérise par un relief montagneux découpé par plusieurs massifs à fortes pentes et des vallées plus ou moins étroites offrant une surface agricole utile restreinte et des ressources naturelles en eau limitées ; une large couverture forestière[1] ; une faible densité de population (11 hab/km²) et une grande diversité ethnique (15 ethnies). Si jusqu’à récemment, son système agraire et alimentaire reposait presqu’exclusivement sur la collecte de produits forestiers animaux et végétaux ainsi que sur une agriculture d’abattis-brûlis, sa localisation limitrophe avec la Chine au Nord et le Vietnam à l’Est, favorise la spécialisation de son économie vers de produits destinés à l’exportation : la canne à sucre dont les surfaces ont été multipliées par 3 entre 2017 et 2019[2], l’élevage extensif de bovins, la culture de banane, les larmes de Job et dans une moindre mesure les produits maraîchers (haricot vert long, courge, etc.). Une grande partie de ces productions fait l’objet de contrats pluriannuels entre les producteurs et les entreprises chinoises. En 2021, un protocole d’accord de 30 ans a été signé entre la Chine et la Province de Phongsaly en vue de développer davantage ces cultures d’exportation.

Ces transformations économiques font apparaitre des enjeux importants : recul des cultures vivrières et plus forte dépendance alimentaire aux marchés y compris pour les aliments de base; déséquilibres dans les négociations entre producteurs et acheteurs en raison de situations de monopole ; dégradation des ressources naturelles en particulier l’eau, les sols et le couvert forestier; pollution des sols et des eaux due à un recours massif aux intrants de synthèse. Sur le plan social, une charge de travail extrême, en particulier pour la récolte manuelle de la canne à sucre, entraîne une dégradation des conditions de vie des femmes. Le taux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans à Phongsaly est le plus élevé au Laos (54% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance, NPIN 2017).

Les crises auxquelles les populations font face sont nombreuses (climatiques, énergétiques, économiques) et leurs moyens pour y répondre demeurent limités. L’objectif général de ce projet, est de renforcer la résilience des populations de la Province de Phongsaly en vue d’un développement durable et inclusif des communautés rurales issues de minorités ethniques, des femmes et des jeunes de la Province. Pour atteindre cet objectif, le projet cherchera à :

  1. Consolider et renforcer l’économie des ménages, par une meilleure gestion de leurs dépenses et recettes ainsi que d’une planification de leur épargne en vue d’investir, ce qui passe par le développement d’un conseil en économie familiale et permet de renforcer leur résilience économique ;
  2. Soutenir des opportunités économiques locales afin de relocaliser une partie de l’économie et réduire la dépendance aux produits d’exportation ;
  3. Permettre le développement d’une offre alimentaire locale de qualité, et ainsi réduire la dépendance des ménages aux importations alimentaires et de mauvaise qualité.
  4. Promouvoir des pratiques agricoles plus durables, notamment agroécologiques et inciter à un moindre recours aux intrants de synthèse et à une adaptation des systèmes agricoles au changement climatique ;
  5. Sensibiliser l’ensemble des acteurs du territoire (décideurs politiques de la Province, des Districts, des communautés, les ménages, la nouvelle génération) sur les questions environnementales (dont mitigation et adaptation au changement climatique) et les enjeux de préservation des ressources naturelles notamment la forêt, l’eau, les sols ;
  6. Répondre aux besoins urgents des populations pour un accès à l’eau, ce qui passe par la construction ou réhabilitation de réseaux d’adduction d’eau et la mise en place de plans de protection des sources d’eaux à l’échelle communautaire, des districts et de la province.

Objectifs et finalité de la mission :

Gestion du projet ; Recherche de financements ; Appui technique et méthodologique aux équipes de projet en particulier sur les activités Eau & Environnement ; Rédaction des rapports activités en anglais et en français

Place du (de la) volontaire dans le projet / la structure d’accueil :

Une période d’acclimatation à Vientiane est envisagée en début de mission (3 à 6 mois), afin de prendre en main la mission, travailler avec la direction du CCL à Vientiane et les autres membres du CCL (en particulier les autres conseillers projet), participer au recrutement de l’équipe du projet. Puis, la personne recrutée sera intégrée au quotidien à l’équipe du projet qui sera basée dans la province de Phongsaly (à Bounneua ou à Phongsaly), afin d’assurer un suivi des activités et un appui technique régulier auprès des partenaires de terrain. Elle sera sous la responsabilité de la directrice du CCL basée à Vientiane et travaillera étroitement avec le/la coordinateur/rice du projet également basé/e dans la province. Des missions régulières à Vientiane, environ une à deux semaine tous les deux mois, sont également prévues afin d’assurer la coordination avec le bureau du CCL à Vientiane et également de participer aux réunions/ateliers de coordination et concertation avec les différents partenaires.

Activités concrètes à mener

Le/la conseiller.e projet sera chargé.e de :

  • Participer à la gestion du projet sur les actions suivantes :
    • Participer au recrutement des équipes du projet en collaboration avec la Directrice du CCL : définition des fiches de poste, analyse et pré-sélection des candidatures, entretiens.
    • Gestion budgétaire : vérification et validation de la cohérence des planning et budgets mensuels établis par l’équipe du projet (techniciens, administrateur, coordinateur) avec les objectifs du projet et la trésorerie disponible ; contrôle des codes budgétaires utilisés pour chaque dépense, en cohérence avec les budgets validés par les différents partenaires financiers.
    • Gestion financière : en collaboration avec la Directrice Financière : planification annuelle et trimestrielle des dépenses ; gestion de demandes de versement des fonds par les différents partenaires financiers ; suivi des dépenses ; préparation des rapports financiers aux différents partenaires.
    • Gestion des partenariats: en collaboration avec le.a coordinateur.ice du projet : coordination avec les partenaires et consultants impliqués dans le projet.
  • Recherche de financements: le cofinancement du projet n’est pas encore assuré, mais une proposition complète a été déposée auprès d’un partenaire historique du CCL. Le/la volontaire sera chargé.e de suivre la demande de financement en cours et d’assurer la finalisation de ce second partenariat financier.
  • L’appui technique et méthodologique à l’équipe projet pour préparer et mettre en place les activités. Le support technique portera essentiellement sur les enjeux de gestion des ressources en eau et le soutien méthodologique sur une amélioration des approches participatives et relatives au genre, en particulier :
    • Réaliser un diagnostic du réseau hydrographique.
    • Identifier les contraintes des villages pour l’accès à l’eau et sa préservation et formuler une méthodologie pour une sélection participative des villages qui bénéficieront de la réhabilitation/construction de réseau d’eau potable.
    • Piloter les études avant-projet, le design des infrastructures d’adduction d’eau et leur construction.
    • Développer et piloter une démarche participative de concertation à l’échelle communautaire, des Districts et de la Province pour la mise en place de plans de protection des sources d’eau
    • Formaliser une méthode pour la mise en place de 2 fonds redistributifs (l’un visant à financer des micro-projets économiques collectifs ; l’autre des micro-projets collectifs environnementaux).
  • La formalisation du système de suivi-évaluation du projet avec l’équipe du CCL. Les résultats du suivi-évaluation sont utilisés par le.a volontaire pour orienter le suivi technique et méthodologique.
  • La rédaction de rapports d’activités en français et en anglais. Ces rapports seront fournis aux partenaires du projet, notamment aux partenaires financiers (Agence Française de Développement).

[1] 77%, Ministry of Agriculture and Forestry, 2015

[2] Ministry of Agriculture and Forestry, 2019

Contexte de vie 

Lieu de travail : Poste basé à Vientiane (3 à 6 mois pour une période de prise en main de la mission), puis dans la province de Phongsaly (dans le district de Bounneua ou de Phongsaly) avec des déplacements fréquents dans les villages d’intervention (40 villages des districts de Bounneua et Phongsaly).

Horaires ou disponibilités demandés : Le.a conseiller.e projet sera sous contrat VSI avec. 2.5 jours de congés octroyés par mois de travail.

Heures de travail : Lundi au vendredi de 8h00 à 12h00 et 14h00 à 17h00 lorsqu’il/elle sera au bureau.

Les missions de terrain dans les villages cibles pourront être réalisés sur plusieurs jours en raison des difficultés d’accès et de l’optimisation de la logistique. Le travail de terrain peut nécessiter des horaires de travail en soirée, du aux contraintes de disponibilité des villageois.

Expériences / Formation

Formation souhaitée :

Ingénieur(e) spécialisé(e) ou Master en gestion de l’eau / génie civil – génie de l’eau / Développement rural ; ou Ingénieur Agronome avec spécialisation en Eau & Environnement

Expérience professionnelle souhaitée :

  • Au moins 3 ans d’expérience dans le développement rural est souhaitée;
  • Une expérience antérieure en suivi-évaluation est un plus;
  • Expérience en développement rural au Laos ou en Asie du Sud-est est un plus.

Savoir / Connaissances :

  • Une expérience en gestion des ressources en eau est attendue;
  • Des connaissances en design et construction de réseaux d’eau gravitaires;
  • Connaissance et expérience en gestion sociale de l’eau (association des usagers d’eau, gestion de conflit lié à l’usage en eau…);
  • Des connaissances en analyses de données et gestion de base de données (R, Access, utilisation avancée d’Excel) sont attendues;
  • Des connaissances en systèmes d’information géographique (QGIS, ArcGIS) sont nécessaires;
  • Compétences de base en gestion financière;
  • Anglais courant (minimum niveau C1 selon le CECRL);
  • La connaissance du Lao est un plus.

Candidature (CV + LM démontrant l’adéquation de la candidature avec les missions proposées, en français ou en anglais) à adresser avant le 30 juin 2023 (les candidatures seront cependant étudiées au fur et à mesure de leur réception) à :

Indiquer dans l’objet du mail : Candidature Phongsaly-BN : NOM Prénom

Pour toutes questions concernant la mission : contacter Vincent COUDERC ([email protected]).

Les candidat.es présélectionné.es seront invité.es à un entretien 2nde quinzaine de juillet.