Triangle Génération Humanitaire recrute un(e) chef(fe) de mission, Bangui, RCA

Information clé :

Pays : RCA – poste basé à Bangui. Déplacements dans la Ouaka et dans la Vakaga.

Durée : contrat de 12 mois renouvelable

Prise de poste : septembre 2020

Conditions: contrat salarié, salaire mensuel brut de 2 900 € à 3400 € selon expérience, per diem mensuel 580 €, prise en charge d’une couverture médicale à 100% + assurance rapatriement + prévoyance, prise en charge du logement et du transport international et local dans le cadre de la mission, repos tous les 3 mois.

Possibilité de départ en famille : non.

Présentation de Triangle Génération Humanitaire :

“Acteur d’une solidarité durable et partagée” :

Créée en 1994, Triangle Génération Humanitaire, association française de solidarité internationale basée à Lyon, élabore et met en oeuvre des programmes d’urgence, de réhabilitation et de développement dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, du génie civil, de la sécurité alimentaire et du développement rural, du socio-éducatif et du psychosocial. TGH travaille actuellement dans 10 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et du Moyen-Orient.

Contexte :

Considérée comme l’un des pays les plus pauvres au monde, la République centrafricaine (RCA) traverse actuellement la crise humanitaire la plus grave depuis son indépendance en 1960. Cette situation est en partie la cause, mais aussi la conséquence, de la faiblesse de l’Etat et de l’instabilité politique chronique, souvent à base ethnique, qui secouent régulièrement le pays.

Depuis mars 2013, les changements de régimes qui se sont succédé ont contribué à une escalade des violences intercommunautaires en RCA, multipliant les violations des droits de l’homme, les déplacements massifs de population, la destruction de biens et la perte des moyens de subsistance pour la population. A cet égard, le Comité permanent inter-organisations hisse la crise centrafricaine au niveau 3 de l’urgence humanitaire, ce dernier étant le plus élevé.

La RCA compte aujourd’hui plus de 2,2 millions de personnes ayant besoin d’assistance, soit quasiment la moitié de la population globale. Les besoins prioritaires regroupent la nourriture, les soins de santé, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, les abris mais également les articles ménagers de première nécessité. Si les besoins humanitaires augmentent, les affrontements réguliers rendent difficile l’accès aux populations dans le besoin, et donc le travail des organisations humanitaires sur place.
Le bilan humanitaire reste préoccupant, avec environ 400 000 personnes déplacées internes et 473 400 réfugiés centrafricains dans les pays voisins (Cameroun, Congo, Tchad, RDC) depuis décembre 2013.

Les élections présidentielles de 2016 ont amené Faustin-Archange Touadéra au pouvoir. La composition du nouveau gouvernement indique que le président semble déterminé à tenir les promesses faites à la minorité musulmane puisque 4 des 23 ministres qui le composent sont issus de cette minorité.

L’isolement géographique de la Vakaga se traduit également par un isolement social, politique et économique, vis-à-vis du reste de la RCA et principalement de Bangui. L’État Centrafricain n’y est quasiment pas présent et le redéploiement des services officiels quasi-inexistant. Ainsi, nombre de fonctionnaires décentralisés de l’Etat sont basés à Ndélé, chef-lieu de la Préfecture voisine de la Bamingui-Bangoran. Due à son isolation, la Vakaga a été la dernière des 16 préfectures de la RCA à recevoir son préfet. Nommé le 23 août 2017 par le président Faustin-Archange Touadéra, il a pris ses fonctions le 21 février 2018.

Depuis le début du mois de septembre 2019, des affrontements entre groupes armés ont eu lieu à Birao menant à environ 15 000 déplacés internes. Ces derniers ont rejoint des sites de regroupement autour de la ville. Les besoins, particulièrement en eau, hygiène et assainissement ainsi qu’en aide alimentaire, sont très importants. Les ONG et UN sont sortis du confinement le lendemain des combats et l’action humanitaire a repris ses activités malgré le fort risque de reprise des combats. Certains déplacés circulent dans la ville librement, parmi les hommes armés. Cependant les civils s’inquiètent de la reprise imminente des combats et ne souhaitent pas retourner chez eux pour l’instant.

Faisant face à la volatilité du contexte sécuritaire, la MINUSCA, opération multidimensionnelle des Nations Unies est notamment en de charge de la protection des civils, de la facilitation de l’aide humanitaire et du soutien au processus de transition.

Présentation de la mission :

TGH a débuté son action en RCA en 2007 pour soutenir les populations vulnérables de la préfecture de la Vakaga. Aujourd’hui, l’association intervient en Vakaga dans les secteurs de la sécurité alimentaire, et de l’éducation. TGH reste ainsi l’une des deux seules organisations humanitaires présentes de manière continue dans cette région marginalisée et excentrée. Les projets qu’elle met en oeuvre dans la préfecture sont notamment financés par le Comité Interministériel de l’Aide Alimentaire, le fonds Békou (Union Européenne) et le Centre de Crise et de Soutien (en Sécurité Alimentaire et Education). Des projets ont été déposés auprès de l’AFD sur les 3 secteurs d’intervention de TGH.

Parallèlement, l’association s’impose depuis 2011 comme l’un des acteurs humanitaires majeurs de la préfecture de la Ouaka, où elle mène différents projets dans les secteurs de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance, de l’eau, hygiène et assainissement (EHA), et de l’éducation / protection. Elle assure aujourd’hui une assistance d’urgence aux populations déplacées et aux communautés hôtes dans la ville de Bambari, dans l’ensemble des camps de déplacés sur les axes de Bambari. Les projets que TGH met actuellement en oeuvre sont appuyés par des partenaires financiers tels que ECHO, le CDCS, le CIAA, le Fonds Humanitaire, ou encore UNICEF.

A Bangui, où le phénomène des enfants des rues (EDR) connait une progression alarmante, les services de l’antenne mobile mis en place depuis 2014 par TGH garantissent aux enfants un accès à des services socio-éducatifs et médicaux de base, et participent au processus de réunification familiale et de placement en famille d’accueil. TGH assure la protection des enfants des rues par la mise en place d’un dispositif de prévention des abus à leur encontre, financé par l’AFD, le CDCS et l’UNICEF.

Suite à l’évolution du contexte à Birao et à l’urgence de la situation, TGH s’est positionné sur des programmes en réponse d’urgence EHA et aide alimentaire.
La mission est financée à hauteur d’environ 3,5 millions d’euros. L’équipe actuelle est composée d’environ 14 personnes expatriés et d’environ 100 personnels nationaux, répartis sur les différentes bases opérationnelles (Bangui, Bambari et Birao).

Poste :

Le/la Chef(fe) de mission est le représentant de TGH en RCA et est responsable de la réputation de TGH. Il/elle dirige les programmes et les opérations en RCA et veille à ce qu’ils reflètent les valeurs de TGH et des principes humanitaires.

Le/la Chef(fe) de Mission établit le lien entre la stratégie globale de TGH et la stratégie spécifique pays. De ce fait, le/la Chef(fe) de mission travaille sous la responsabilité du Responsable de missions basé au siège. Il/elle supervise directement le Coordinateur terrain Bambari, le Coordinateur terrain Birao, le Coordinateur Programmes, le Coordinateur Logistique et Sécurité et le Coordinateur Administratif :

  • Il/elle est responsable de la sécurité sur la mission ;
  • Il/elle représente l’association auprès des partenaires, bailleurs et des différentes autorités ;
  • Il/elle suit les besoins et propose de nouvelles interventions et pistes de développement pour la mission ;
  • Il/elle coordonne les équipes et s’assure de la bonne mise en oeuvre des programmes sur la mission ;
  • Il/elle s’assure du bon dimensionnement humain de la mission et encadre les équipes ;
  • Il/elle assure la bonne circulation des informations entre le siège et le terrain et s’assure du respect des échéances.

Gestion de la sécurité :

  • Analyser en permanence le contexte politique, sécuritaire et socio-économique du pays et assurer la bonne diffusion de l’analyse et des informations sur la mission et au siège ;
  • Intervenir auprès des acteurs de la sécurité (politiques, militaires, rebelles, religieux, leaders communautaires et d’opinions,…) dans le cadre de la sécurité collective : développement de réseaux, négociation d’accès, renforcement de l’acceptation, etc. ;
  • Actualiser régulièrement et de manière participative les outils de gestion de la sécurité de la mission sur la base des formats de l’association ;
  • Assurer la bonne diffusion, connaissance et respect par tout le personnel des règles et consignes de sécurité en vigueur ;
  • Garantir, en lien étroit avec le coordinateur logistique et sécurité, ainsi que les coordinateurs régionaux, un niveau et des modalités d’opérations adaptés au contexte ;
  • Gérer, en lien avec le siège et si nécessaire l’ambassade de France et les Nations Unies, les incidents de sécurité et les situations d’urgence.

Représentation de l’association dans le pays, auprès des autorités nationales, des bailleurs de fonds et des autres organisations internationales (agences UN, ONG) :

  • Assurer le respect de la législation nationale pour toutes les activités de la mission ;
  • Garantir le suivi des procédures de reconnaissance du gouvernement pour l’organisation ;
  • Entretenir et développer de bonnes relations de travail ainsi qu’une bonne visibilité de l’association auprès des autorités nationales et locales, des bailleurs de fonds et autres acteurs de l’aide internationale ;
  • Représenter l’association dans les forums de coordination (OCHA, CCO, Clusters UN) ;
  • Assurer une bonne coordination avec les autres ONG présentes sur le terrain : développer et améliorer les relations de partenariat d’autres organisations pour renforcer la notoriété et l’image de TGH en RCA.

Définition et mise en œuvre de la stratégie de la mission :

  • En collaboration avec le desk et les responsables des cellules techniques au siège, définir et/ou redéfinir la stratégie de la mission en lien avec l’évolution du contexte ;
  • En lien avec cette stratégie, coordonner et participer à l’évaluation des besoins sur le terrain ;
  • Développer la connaissance des acteurs/décideurs dans le cadre de l’action humanitaire, de la coopération et de l’aide au développement et exécuter tout mandat selon les priorités des institutions (organisations) ;
  • Veiller au maintien du haut niveau de préparation pour répondre aux urgences humanitaires et aux autres besoins des populations affectées par la crise ;
  • Assurer le suivi et l’analyse des développements et tendances du secteur et la planification stratégique des opportunités à venir ;
  • Assurer le leadership dans le développement ou la gestion du changement des initiatives de transformation dans le pays pour permettre une évolution continue des programmes.

Recherche de financements :

  • Evaluer les bailleurs potentiels présents en RCA et leurs stratégies d’intervention ;
  • Assurer un lien et une communication régulière avec les bailleurs qui financent les projets en cours ;
  • Identifier les appels à projet qui correspondent aux secteurs d’intervention de l’association ;
  • Apporter un support à la rédaction des propositions des projets ;
  • Coordonner les actions de plaidoyer auprès de diverses institutions nationales et internationales

Supervision et coordination des activités de la mission :

  • Garantir la bonne mise en place et le suivi des activités ;
  • Garantir, avec les coordinateurs administratif et logistique, le bon fonctionnement de la mission sur les plans administratif, financier et logistique ;
  • Assurer, avec les chefs de projet, les coordinateurs et le siège, le reporting interne et externe de la mission ;
  • Planifier, organiser, coordonner, encadrer et assurer le suivi, la supervision des programmes développés conformément à la stratégie définie.

Gestion de l’équipe et coordination interne :

  • Garantir une bonne gestion des ressources humaines expatriées et nationales ;
  • Encadrer et accompagner le personnel en supervision directe ;
  • Assurer un système de coordination formelle (réunions, rapports…) sur l’ensemble des bases et animer les réunions de coordination ;
  • Assurer des entretiens réguliers avec les membres de l’équipe expatriée ;
  • Assurer une bonne ambiance et un bon esprit d’équipe ;
  • Veiller à ce que les politiques RH de TGH soient respectées

Communication :

  • Participer à l’information des donateurs et du grand public ;
  • Participer à la communication externe de l’association en RCA : analyser les combinaisons dynamiques, les paramètres et les interactions gouvernement – Organisations intergouvernementales et/ou non gouvernementales.

Ces responsabilités pourront être revues en fonction des évolutions des besoins sur le terrain.

Profil :

  • Expérience d’au moins trois ans en ONG, dont au moins deux ans sur des fonctions de coordination sur des programmes d’urgence ;
  • Expérience en gestion d’équipes expatriées et nationales ;
  • Expérience en gestion de la sécurité dans un contexte de conflit ;
  • Expérience en gestion de contrats bailleurs ;
  • Maîtrise des mécanismes de fonctionnement des organisations internationales, gouvernementales et non gouvernementales et bonnes connaissances en théorie et pratiques de l’action humanitaire ;
  • Dynamique, autonome et pragmatique ;
  • Courtoisie, sens de la diplomatie et excellentes capacités relationnelles ;
  • Interculturel : calme, maîtrise de soi, respect des différences culturelles et de très bonnes facilités de travailler dans un environnement multiculturel ;
  • Capacités d’analyse, d’anticipation et de décision ;
  • Sens de la discipline et de l’organisation, bon esprit de synthèse ;
  • Aisance à l’oral, bonnes capacités de communication et de coordination ;
  • Bonnes capacités rédactionnelles en français et en anglais ;
  • Capacité à vivre et travailler en contexte sécuritaire instable.

Conditions de sécurité, de travail, et de vie :

Le contexte sécuritaire instable et volatile impose le respect de règles de sécurité parfois contraignantes. Les déplacements sur le terrain sont possibles mais nécessitent une analyse préalable et les déplacements en ville ne sont en général pas sujets à restriction, sauf tensions en ville. TGH est un acteur humanitaire connu et apprécié dans la zone.

A Bangui, les expatriés disposent de chambres individuelles dans deux concessions (dont une avec deux maisons partagées situées juste à côté du bureau). Une connexion wifi est disponible sur la base.

A Bambari, TGH dispose d’une grande concession bureau-base de vie sécurisée en bordure de la rivière Ouaka. Chaque expatrié dispose d’une chambre individuelle. L’électricité est fournie par un générateur durant les heures de travail. Une connexion wifi est disponible sur toute la base et le réseau téléphonique est fonctionnel dans la zone urbaine de Bambari.

A Birao, TGH dispose d’une concession bureau-base de vie sécurisée. Une chambre sera disponible lors des séjours d’une durée générale d’une semaine (en fonction des vols UNHAS). L’électricité est fournie par un générateur qui ne fonctionne que quelques heures par jour ; la connexion internet est dépendante du fonctionnement du générateur. Pour l’instant, les expatriés et employés nationaux vivent et travaillent sur la concession de la MINUSCA.