Introduction et contexte

Au cours des 30 dernières années, WCS Congo a été le principal partenaire du gouvernement en matière de conservation, aidant le ministère de l’Économie forestière (MEF) à gérer la faune et son habitat dans plusieurs parcs nationaux, réserves et zones tampons d’aires protégées du pays. Dans ces sites, WCS développe et met en œuvre des actions pour une protection efficace de la faune, une gestion communautaire des ressources naturelles, une surveillance écologique, une recherche scientifique et une éducation à l’environnement.

Depuis plus de 20 ans, le programme de santé faunique (Wildlife Health Program, WHP) mis en œuvre par WCS Congo en partenariat avec le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP), travaille à surveiller la mortalité de la faune et à minimiser les risques de transmission de maladies aux communautés. Ce programme sensibilise les communautés du nord du Congo et a mis en place un système d’alerte précoce pour les décès inexpliqués d’animaux sauvages qui couvre plus de 30 000 km2. Le WHP est responsable des soins et de la libération des perroquets gris d’Afrique, ainsi que de tout autre animal saisi et amené au centre de réhabilitation du parc national de Nouabalé-Ndoki. Ce programme couvre également un programme de recherche sur la surveillance et le diagnostic des maladies des chauves-souris, mené en collaboration avec le NIH et d’autres parties prenantes, car le commerce et la consommation de chauves-souris sont de plus en plus fréquents dans les zones urbaines. Enfin, le WHP participe activement au renforcement des capacités des équipes de terrain du WCS (chercheurs et écogardes) et de ses partenaires nationaux.

Dans le cadre de la surveillance communautaire, la maladie à virus Ebola (MVE) est au cœur des préoccupations. Les quatre dernières épidémies d’Ebola chez l’homme en République du Congo – en 2001, 2002, 2003 et 2005 – sont considérées comme ayant des liens avec la faune sauvage, car les chasseurs affectés avaient récemment consommé de la viande de brousse infectée. La chasse de subsistance est essentielle pour la sécurité alimentaire dans cette région, mais elle est de plus en plus menacée par le commerce d’animaux sauvages à destination des communautés urbaines et périurbaines, qui exerce une pression sur les populations d’animaux sauvages et accroît la rareté de ces derniers. Ainsi, une carcasse d’animal sauvage découverte de manière opportuniste peut sembler être une excellente occasion de se nourrir. En soulignant les risques liés au contact, au dépeçage ou à la consommation d’une carcasse potentiellement infectée, morte de causes inconnues, on peut réduire le risque de propagation du virus Ebola (EBOV) et d’autres agents pathogènes zoonotiques dans les communautés locales. En travaillant en parallèle avec ces communautés de chasseurs pour surveiller la santé de la faune et enregistrer les observations de carcasses, il est possible de donner l’alerte rapidement en cas d’apparition d’une maladie de la faune et de la flore sauvages et d’aider à prévenir la propagation.

Justification de la consultance

En partenariat avec le LNSP, WCS travaille depuis 2005 avec des chasseurs, des communautés forestières et des gardes forestiers pour mettre en place un système d’alerte précoce pour l’EBOV en surveillant la santé des animaux sauvages. Ce système permet non seulement de surveiller et d’échantillonner les carcasses d’animaux sauvages grâce à un réseau de milliers de chasseurs, mais aussi de promouvoir les meilleures pratiques en matière de réduction des risques de maladie pour les communautés qui dépendent de la viande de brousse pour leurs besoins en protéines.

Les modalités des campagnes de sensibilisation auprès des communautés sont pratiquement inchangées depuis leur commencement. Elles ont également manqué d’une forme d’évaluation sur leur qualité et effets qui permettrait aux responsables de mesurer le degré de changement dans les habitudes face aux carcasses. L’absence de telles données signifie que le résultat de ces efforts de sensibilisation reste mal connu.

En effet, il n’y a pas eu d’étude de base avant l’initiation des campagnes. Les enquêtes individuelles sur les comportements face à une carcasse effectuées entre 2009 et 2020 se sont concentrées sur les hommes exclusivement, étant traditionnellement les chasseurs, au travers d’enquêtes superficielles. Il a par conséquent été difficile d’effectuer une analyse et de tirer des conclusions à partir de ces données. En 2021, un nouveau protocole de recherche concernant les attitudes face aux carcasses a été développé, le questionnaire a été affiné, et les enquêtes déployées auprès de l’ensemble des villageois de plus de 18 ans. Aujourd’hui, après plus de 2 années d’utilisation, il est temps d’en tirer des recommandations, de réévaluer la méthodologie des campagnes et la pertinence des enquêtes carcasses, ainsi que des outils utilisés lors de ces activités.

Il est important de noter qu’en 2024, une enquête sur les comportements, attitudes et pratiques dans le domaine « One Health » sera déployée dans le nord Congo.

La consultance a pour objectif l’évaluation des campagnes de sensibilisation auprès des populations du nord du Congo, de la méthodologie des enquêtes et des outils de suivi utilisés. Plus précisément, l’évaluation vise à répondre aux questions suivantes :

  • Dans quelle mesure les méthodologies et outils de sensibilisation sont adaptés aux besoins et au contexte ?
  • Quelle est la perception du public cible vis-à-vis des campagnes de sensibilisation ?
  • Dans quelle proportion la méthodologie et les outils des enquêtes de suivi permettent d’évaluer l’effet des campagnes et l’évolution des attitudes ?

Le consultant en évaluation de campagne est responsable d’analyser la méthodologie, et de proposer des recommandations pour la mise en œuvre des campagnes, ainsi que l’amélioration des enquêtes de suivi et d’évaluation d’efficacité. L’équipe WCS est chargée de coordonner la mission de terrain et mettre à disposition du consultant toutes les données et documents concernés. Le consultant en évaluation est ensuite chargé d’effectuer l’analyse décrite ci-dessus et de fournir un rapport détaillé.

 Cadre temporel

La consultance est évaluée à environ 20-25 hommes-jours.

Déroulement de l’évaluation:

  • Revue bibliographique thématique liée dans la région
  • Revue données collectées et méthodologie jusqu’à aujourd’hui
  • Rencontre et discussion avec le management et l’équipe WHP – réunion d’orientation et pour apporter des informations supplémentaires de contexte
  • Suivi d’une mission de sensibilisation auprès des communautés, avec un système de pré/post évaluation
  • Analyses méthodologie, protocole et outils, et analyse des impacts obtenus sur le terrain
  • Restitution des premières observations à l’équipe WHP, sur site
  • Rapport d’évaluation

 Livrables

  • Une séance de restitution et de discussion avec l’équipe WHP et la coordination, à distance
  • Un rapport d’évaluation sera produit en français et livré par le consultant dans un délai de 1 mois suivant la mission

Profil du consultant

La prestation sera confiée à un consultant indépendant de renommée internationale,  qui doit jouir d’une expérience confirmée sur l’évaluation de programmes de conservation de la biodiversité et de surveillance communautaire. Une expérience avérée sur les évaluations de programme de sensibilisation est nécessaire, dans le domaine de la conservation ou de la santé un plus.

Une bonne connaissance de l’Afrique centrale est indispensable, et du Congo sera considéré comme un atout.

La maîtrise du français est exigée, l’anglais est un plus.

Soumission d’intérêt

L’offre inclura les éléments suivants :

  • Proposition technique et méthodologique
  • CV avec trois références professionnelles
  • Lettre d’accompagnement.
  • Proposition financière en USD, incluant les taux des honoraires journaliers, et transports internationaux.

Le transport national, l’hébergement local et les Per Diem seront pris en charge par WCS Congo. A noter qu’il faut un jour de transport entre Brazzaville et Ouesso, siège du programme WHP au nord.

Les candidats intéressés doivent soumettre leur candidature à [email protected] et avec copie a  [email protected]  avant le 10 mars 2024.

A propos de WCS

La Wildlife Conservation Society est une ONG internationale dont le siège social se trouve au Bronx Zoo, à New York, qui s’emploie à sauver la faune et la flore sauvages et à relever les défis mondiaux dans plus de 50 pays en Afrique, en Asie, en Amérique et dans les océans du monde. Le Programme Afrique est le plus important des programmes de terrain de la WCS, avec environ 1 100 employés répartis dans 12 programmes nationaux répartis dans quatre grandes régions (Afrique centrale, Soudan-Sahel, Afrique orientale et australe, Madagascar et océan Indien occidental).

Notre MISSION est de sauver la faune et la flore sauvages du monde entier par le biais de la science, de l’action de conservation, de l’éducation et de l’incitation des gens à apprécier la nature. Notre VISION est un monde où la faune et la flore prospèrent dans des terres et des mers saines et valorisées par des sociétés qui embrassent et profitent de la diversité et de l’intégrité de la vie sur terre. Notre OBJECTIF est de conserver les plus grands espaces sauvages du monde dans 16 régions prioritaires, qui abritent plus de 50% de la biodiversité mondiale. Nos VALEURS sont le respect, la responsabilité et la transparence, l’innovation, la diversité et l’inclusion, la collaboration et l’intégrité.